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Grandes lectures

  • Anooradha Rughoonundun ©Nadège Delavernette ; Mathilde Soulheban ©Michèle Soulheban ; Ariane Deuzio ©DR

Ariane Deuzio, Anooradha Rughoonundun, Mathilde Soulheban

Si les lectures du Bivouac comblent un public désireux de goûter à la diversité des écritures théâtrales, d’en partager presque en direct la mise en bouche, sous forme d’extraits, par la voix des acteurs-lecteurs de la Chartreuse, les Grandes lectures, dans les mêmes journées mais en début de soirée, prolongent le plaisir en donnant à entendre l’intégralité d’une pièce. Certains ont peut-être eu la chance de découvrir l’année dernière des extraits d’un des trois textes proposés cette année puisqu’ils sont tous les trois issus du Bivouac des Rencontre(s) d’été 2021 et ont été sélectionnés parmi les vingt-deux textes en discussion ou présentés à cette occasion. Faire entendre un choix commun est une façon d’affirmer aussi la détermination à accompagner les artistes de notre temps. Les autrices lauréates bénéficieront d’une résidence à la Chartreuse en 2022.

Ces Grandes lectures sont une belle façon de rendre compte de l’émulation créée par la mise en commun du travail des comités. Aussi différents sont-ils dans leurs objectifs ou leur nature, ils forment une communauté d’engagement qui nourrit la scène contemporaine.

Lectures par le groupe d’acteurs-lecteurs 2022 de la Chartreuse — le Gral
Charly Breton, Valérie Diome, David Duverseau, Yasmine Hadj Ali, Corentin Hot, Margot Madec, Julie Moulier, Julien Perrier, Gabor Pinter, Laurent Sauvage, Aurélie Turlet

 

Le programme

Vendredi 8 juillet
19h30

Le Corps des vieux d’Anooradha Rughoonundun
mise en voix par le groupe d’acteurs-lecteurs 2022 de la Chartreuse — le Gral

Écrit suite à une expérience d’aide à domicile auprès de personnes âgées, Le Corps des vieux décrit des situations de vie banales mais terriblement occultées. Qui prend soin de nos aîné.e.s et dans quelles conditions ? Quels sens cela provoque, quels vertiges ? Entre poésie du réel et théâtre narratif, l’écriture est épurée, crue et sensible pour saisir au plus proche des réalités taboues et des sensations indicibles.

suivi d'une performance de l’autrice

 

Canne à sel d’Anooradha Rughoonundun
mise en voix par la compagnie La lézarde avec l’autrice et Clémence Schiltz, violiste de gambe

À la mort de sa mère, une fille reçoit une pierre de sel. Elle marche dans le monde qui lui est donné, terrible, absurde et beau. Elle y transporte la mémoire de ses ancêtres, entassés dans une cale de bateau pour enrichir l’industrie sucrière. Canne à sel raconte une histoire qui a lieu simultanément dans le corps, la société et l’univers, des échelles qui parfois se confrontent et parfois se confondent. En convoquant conjointement le vertige du deuil, le ventre pendant les règles, l’impuissance face au capitalisme, la sensation confuse d’être de la même matière que les étoiles, Canne à sel raconte l’impact postcolonial comme une expérience sensible et existentielle.

 

Formée à la mise en scène à l’Insas, Anooradha Rughoonundun développe une pratique de l’écriture centrée sur l’expression des tabous. Elle travaille comme comédienne et autrice dans le cadre de la compagnie La lézarde (créations politiques de l’intime) et du collectif pluridisciplinaire Makrâl (créations in situ et mémoires collectives).

 

 

Le Corps des vieux d’Anooradha Rughoonundun
mise en voix par le groupe d’acteurs-lecteurs 2022 de la Chartreuse — le Gral

Écrit suite à une expérience d’aide à domicile auprès de personnes âgées, Le Corps des vieux décrit des situations de vie banales mais terriblement occultées. Qui prend soin de nos aîné.e.s et dans quelles conditions ? Quels sens cela provoque, quels vertiges ? Entre poésie du réel et théâtre narratif, l’écriture est épurée, crue et sensible pour saisir au plus proche des réalités taboues et des sensations indicibles.

suivi d'une performance de l’autrice

 

Canne à sel d’Anooradha Rughoonundun
mise en voix par la compagnie La lézarde avec l’autrice et Clémence Schiltz, violiste de gambe

À la mort de sa mère, une fille reçoit une pierre de sel. Elle marche dans le monde qui lui est donné, terrible, absurde et beau. Elle y transporte la mémoire de ses ancêtres, entassés dans une cale de bateau pour enrichir l’industrie sucrière. Canne à sel raconte une histoire qui a lieu simultanément dans le corps, la société et l’univers, des échelles qui parfois se confrontent et parfois se confondent. En convoquant conjointement le vertige du deuil, le ventre pendant les règles, l’impuissance face au capitalisme, la sensation confuse d’être de la même matière que les étoiles, Canne à sel raconte l’impact postcolonial comme une expérience sensible et existentielle.

 

Formée à la mise en scène à l’Insas, Anooradha Rughoonundun développe une pratique de l’écriture centrée sur l’expression des tabous. Elle travaille comme comédienne et autrice dans le cadre de la compagnie La lézarde (créations politiques de l’intime) et du collectif pluridisciplinaire Makrâl (créations in situ et mémoires collectives).

 

 

Samedi 9 juillet
19h30

Humb / Les Endettés de Mathilde Soulheban
mise en voix par le groupe d’acteurs-lecteurs 2022 de la Chartreuse — le Gral

L’écriture de la pièce a commencé au croisement de deux lectures : Dette, 5000 ans d’histoire de l’anthropologue David Graeber et Gilgamesh, la plus ancienne épopée qui nous soit parvenue.
Ce serait dans la nature de notre espèce de crouler sous toutes sortes de dettes et de ne pas savoir comment s’en sortir. Parmi les mythes fondateurs de notre économie, Graeber tient pour erroné celui de l’invention de la monnaie pour simplifier les systèmes de troc originels. Il serait logique d’en inventer un autre, plus proche de la réalité :
Au début du monde, Humb revient tous les sept ans dans la ville qu’il a aidé à construire. Il réclame le poids de blé que chaque habitant lui doit. Celui qui n’a pas la somme est dévoré. Cette année, personne n’a le compte, donc Humb doit tous les dévorer.

Mathilde Soulheban

 

Humb / Les Endettés a fait l’objet d’une version radiophonique par les étudiants de l’AMU, disponible dans le numéro 10 d’Incertains Regards, Presses Universitaires de Provence, 2020.

 

 

Mathilde Soulheban est écrivaine-dramaturge diplômée de l’Ensatt. Cet automne, ses textes pourront être lus et entendus dans Grand Crié de Nicolas Barry (Ensemble Facture, les SUBS, Lyon) et Nocturne de la compositrice Lanqing Ding (CNSMD, Paris). Le monologue La Bouche pleine de feu est publié par Le Pôticha éditions.

Humb / Les Endettés de Mathilde Soulheban
mise en voix par le groupe d’acteurs-lecteurs 2022 de la Chartreuse — le Gral

L’écriture de la pièce a commencé au croisement de deux lectures : Dette, 5000 ans d’histoire de l’anthropologue David Graeber et Gilgamesh, la plus ancienne épopée qui nous soit parvenue.
Ce serait dans la nature de notre espèce de crouler sous toutes sortes de dettes et de ne pas savoir comment s’en sortir. Parmi les mythes fondateurs de notre économie, Graeber tient pour erroné celui de l’invention de la monnaie pour simplifier les systèmes de troc originels. Il serait logique d’en inventer un autre, plus proche de la réalité :
Au début du monde, Humb revient tous les sept ans dans la ville qu’il a aidé à construire. Il réclame le poids de blé que chaque habitant lui doit. Celui qui n’a pas la somme est dévoré. Cette année, personne n’a le compte, donc Humb doit tous les dévorer.

Mathilde Soulheban

 

Humb / Les Endettés a fait l’objet d’une version radiophonique par les étudiants de l’AMU, disponible dans le numéro 10 d’Incertains Regards, Presses Universitaires de Provence, 2020.

 

 

Mathilde Soulheban est écrivaine-dramaturge diplômée de l’Ensatt. Cet automne, ses textes pourront être lus et entendus dans Grand Crié de Nicolas Barry (Ensemble Facture, les SUBS, Lyon) et Nocturne de la compositrice Lanqing Ding (CNSMD, Paris). Le monologue La Bouche pleine de feu est publié par Le Pôticha éditions.

Dimanche 10 juillet
19h30

En revenir d’Ariane Deuzio
mise en voix par le groupe d’acteurs-lecteurs 2022 de la Chartreuse — le Gral

En revenir est le récit d’une archéologie familiale, d’un processus de reconstruction mémoriel du point de vue d’une femme de cinquante-cinq ans. Dans un texte fragmenté, tenue par une narration à la fois très précise et se jouant de maigres informations lâchées au compte-gouttes, l’histoire familiale va finir par se dessiner. Une histoire de pédocriminalité, de complicité maternelle, d’abandons, de silence mais aussi d’amour. Une histoire de mots qui n’arrivent pas à se dire et pour lesquels la pièce semble s’écrire.

Ce texte rend hommage à celles et ceux que des épreuves terribles jettent à terre et qui se relèvent avec la force de leur imaginaire. Par le prisme d’une langue épurée et de l’humour, l’autrice dépeint un tableau familial vivant et haut en couleur.

 

Ariane Deuzio travaille aux frontières de différents arts. Elle s’intéresse aux histoires de fantômes qui hantent des vies entières, à la question de la transmission consciente et inconsciente, à la possible réparation des relations entre les gens, aux vies cabossées mais qui continuent d’avancer quand même.

En revenir d’Ariane Deuzio
mise en voix par le groupe d’acteurs-lecteurs 2022 de la Chartreuse — le Gral

En revenir est le récit d’une archéologie familiale, d’un processus de reconstruction mémoriel du point de vue d’une femme de cinquante-cinq ans. Dans un texte fragmenté, tenue par une narration à la fois très précise et se jouant de maigres informations lâchées au compte-gouttes, l’histoire familiale va finir par se dessiner. Une histoire de pédocriminalité, de complicité maternelle, d’abandons, de silence mais aussi d’amour. Une histoire de mots qui n’arrivent pas à se dire et pour lesquels la pièce semble s’écrire.

Ce texte rend hommage à celles et ceux que des épreuves terribles jettent à terre et qui se relèvent avec la force de leur imaginaire. Par le prisme d’une langue épurée et de l’humour, l’autrice dépeint un tableau familial vivant et haut en couleur.

 

Ariane Deuzio travaille aux frontières de différents arts. Elle s’intéresse aux histoires de fantômes qui hantent des vies entières, à la question de la transmission consciente et inconsciente, à la possible réparation des relations entre les gens, aux vies cabossées mais qui continuent d’avancer quand même.