N’importe où sauf quelque part

  • Gilles Aufray © Anaël Guez

GILLES AUFRAY

France - Royaume-Uni

— Il y a trois nuits j’ai rêvé de mon frère. Il me dit qu’il n’est pas vraiment mort, que c’était une plaisanterie. Il me supplie de l’aider à revenir dans le monde des vivants.

À l’origine de ce travail, un drame intime et un rêve. N’importe où sauf quelque part est écrit en français : langue de mon enfance, du drame, des morts. Je veux l’écrire à nouveau dans la langue de ma vie aujourd’hui : l’anglais. Dans cette langue, cette autre manière poétique et politique de dire le monde, le drame apparaît différemment : ou comment une société a mené mon frère à la folie, l’a enfermé, condamné.

Retravaillant ce drame avec les mêmes personnages (le frère vivant et le fantôme du frère mort devenu enfin ce qu’il était dans la vie  sans jamais pouvoir l’être, une femme), il s’agit d’écrire une pièce en anglais : Whose body is it.
L’enjeu est double. Un diptyque théâtral : N’importe où sauf quelque part + Whose body is it ; un livre en quatre parties : le diptyque théâtral + À qui appartient ce corps (la traduction littérale de Whose body is it) + Lettre à mon frère*, journal de bord de ce voyage dans les temps des langues, les émotions qu’elles provoquent et leurs rapports au corps.

*Une première Lettre à mon frère est publiée dans Frictions n°30.

Gilles Aufray écrit, en français et en anglais, principalement pour le théâtre, mais aussi des nouvelles et des contes. Ses collaborations l'amènent souvent à travailler avec des marionnettistes et des plasticiens. Ses pièces sont jouées en France et au Royaume-Uni. Dernières publications : N’importe où sauf quelque part, Frictions n°29, 2017 ; Prière de ne pas diffamer ou la véridique histoire d’Hélène Bessette de chez Gallimard (avec Régis Hebette), Éditions Le Nouvel Attila, 2018 ; L’Enfant errant (illustrations Marion Janin) Éditions l’Atelier du poisson soluble, 2018.

Bourse de création du Centre national du livre.

Avec le soutien de la Chartreuse-CNES.