Schizo-Celui qu’il habite

  • Alexis Armengol © Théâtre à cru
(titre provisoire)

ALEXIS ARMENGOL

— Je ne sais pas ce que c’est d’avoir un frère
psychotique mais je sais ce que c’est d’avoir un frère
et de découvrir la folie de sa vie quotidienne.

 

Cette pièce est avant tout une rencontre, exceptionnelle, entre deux frères donc, l’un malade, l’autre non, ou inversement. Ils devraient se connaître, se comprendre, sans doute parce qu’ils sont, malgré tout, une famille. Et pourtant.

La figure du duo me fascine, parce qu’elle est polysémique, c’est ce que j’avais découvert avec une immense joie en 2005 dans 7 fois dans ta bouche. L’essence du duo, c’est l’Autre, c’est évident, une évidence même frappante sur un plateau. Cet Autre peut être un frère, un étranger, un ami, un incompréhensible qui se colle à nous, ou mille autres figures qui, certaines fois, en un clignement d’yeux, se rassemblent toutes.
7 fois dans ta bouche, c’était déjà avec Alexandre Le Nours et Laurent Seron-Keller : nous découvrions avec cette pièce sur la parole notre grammaire scénique, dont l’humour est un levier essentiel. Aujourd’hui, je veux m’appuyer sur notre culture commune pour visiter ensemble notre sujet si particulier, cette maladie appelée schizophrénie, qui impose de trouver une écriture qui lui est propre.
Nous chercherons à entendre quelque chose de la précarité humaine qu’exprime la réaction schizophrénique. La précarité, la vulnérabilité seraient sans doute moins redoutables si nous savions prendre soin, c’est-à-dire écouter.

 

Metteur en scène, auteur, comédien, Alexis Armengol fonde Théâtre à cru autour d’un projet artistique et politique, d’une pratique de la scène qui donne un regard sur ce qui l’entoure. Le texte n’est pas le seul élément fondateur de sa démarche. Il varie les médias et les pratiques. Son écriture est sans frontière, constituée de mélanges inattendus et de confrontations. On compte parmi ses dernières créations Candide qu’allons nous devenir ? (2016), Y a pas grand chose qui me révolte pour le moment (2018), Vilain ! (2018).

Avec le soutien de la Chartreuse-CNES.