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Attendre détruit

  • Pauline Peyrade © Raoul Gilibert

PAULINE PEYRADE

« Attendre détruit ». Cette phrase comme un point de départ, une obsession.
L’attente détruit. Celui qui espère un signe, un retour, un « reviens ». Celle que l’on fait taire. Ceux qui comptent les jours, les minutes, les secondes, derrière une porte verrouillée. Ceux et celles qui occupent les rues et les ronds-points. Celle qui voit venir le pire. Celui qui veut croire au meilleur.
« Attendre détruit ». Cette phrase comme une obsession.
L’attente détruit la pensée, l’espoir, les valeurs, les principes, les résistances. L’attente détruit le temps. L’attente est un paroxysme, une érosion de l’être, des rêves, de la langue. Une arme de redressement, de dressage, d’anéantissement, massive. L’attente décourage. L’attente disperse. L’attente rend fou.
« Attendre détruit ». Un point de départ qui appelle une ode à la rage, à l’agir, qui fait la part belle au chaos, à l’acharnement, au désespoir des impatient(e)s.

Pauline Peyrade est autrice, metteuse en scène et depuis 2019 coresponsable du département Écrivain.e.s-Dramaturges de l’Ensatt avec Samuel Gallet. Parmi ses textes, Ctrl-X mis en scène par Cyril Teste en 2016 et Bois Impériaux créé par le Collectif Das Plateau en 2018. En 2015, elle présente un Sujet à Vif au Festival d’Avignon avec la circassienne Justine Berthillot. Elles créent ensemble Poings en 2018 et Carrosse en 2019. Poings a été finaliste du Grand Prix de Littérature Artcena et lauréat du Prix Bernard-Marie Koltès en 2018. Ses textes sont traduits en près de dix langues et publiés aux Solitaires Intempestifs. Portrait d’une sirène, écrit à la Chartreuse, est sorti fin novembre 2019 aux Solitaires.

Avec le soutien de la Chartreuse-CNES.