« J'aime le mouvement : des études de Sciences-po entre la France et l¹Italie ; du travail entre la musique, le théâtre et la danse ; de la trompette entre Paris et Bruxelles ; de la recherche entre le jeu et l'écriture.
D'abord chargée de diffusion, je suis devenue comédienne. Huit années belges ont donné corps à mes envies de création : auteure — interprète de ROSA, trio punk en rose et bleu ; co-fondatrice de la Coopérative des Circonstances, groupe de recherche sur les langues et espaces de représentation ; co-auteure d¹ Itinéraire sans fond(s) (bourse de la fondation Beaumarchais), auteure de REDUCTO ABSURDUM de toute expérience humaine, pièce pour figures et apnées (bourse découverte du Centre National du Livre), je viens de terminer l'écriture de CARNE, que je devrais monter pour la fin de l'année 2007.
Je débute actuellement le projet Yèk, mes 3 têtes, né d'un long séjour iranien, et pour lequel je viens en résidence à La chartreuse.
Je travaille essentiellement sur le rapport que la langue entretient à l'espace physique de sa représentation, en m'attachant particulièrement à ce qui ne peut être dit ni vu. Mes textes s'articulent autour de la voix et du corps, et se présentent comme des jeux de construction, accumulations de mots, lumières, sons, mouvements, qui rendent le jeu typographique indispensable à leur lecture. Par ce système d'écriture, je peux jouer sur la dissociation (entre ce qui est dit et ce qui est pensé, ce qui est simultanément affiché par la voix et par le corps, etc.) envisager différents niveaux de lectures autonomes (les voix seulement, les corps seulement, etc.), appréhender l'écriture selon un mode plus musical que littéraire (chaque mot est une note, le texte est une partition) de façon à déchirer le sens premier du texte, à l'ouvrir vers un ailleurs.
Avec Yèk, mes 3 têtes, j'aimerais poursuivre une recherche entamée sur les codes socio-linguistiques en travaillant cette fois autour de l'espace sonore de la parole, autour des notions de temporalité et de spatialisation du son émis / reçu. Selon une approche que je voudrais "cartographique". J'aimerais pouvoir établir une symbolique particulière (courbes, lignes, axes de circulations spécifiques), ou sorte de "carte des sons" qui pourrait exprimer, à, plat, l'espace physique de la parole, sa circulation, ses reliefs, la façon dont nous l'appréhendons.
Yèk est aussi le moyen d'approfondir une recherche plus vaste sur le seuil "espace public / espace privé".
C'est un texte que j'ai prévu de mettre en scène courant 2008. »
Bourse de découverte CNL.