Né en 1967 à La Rochelle, Charente Maritime
Comédien et auteur (il écrit son premier texte en 2000), le travail de Jean-Paul Quéinnec s'articule autour du cinéma, de l'enseignement et du théâtre (écriture, mise en scène, jeu).
En 2001, sa pièce 17. Laleu des belous reçoit l'aide à l'écriture du Ministère de la culture (mise en scène par l'auteur au festival des Informelles du théâtre des Bernardines à Marseille). La Mi-Temps (Ed. Les Solitaires Intempestifs, 2004) obtient l'Aide à la création du Ministère de la Culture en 2002. Après une série de performance avec Juliette Bineau, il confie la pièce à Antoine Caubet qui la créera en 2003 au théâtre des Bernardines. En 2004, l’auteur met en scène Les Tigres Maritimes au festival Frictions à Dijon. Au cours de cette même année, il collabore à la dramaturgie sur Heroes, une chorégraphie d’Emmanuelle Huynh au CND d’Angers. En 2005, A. Caubet lui passe commande. Il écrit Chantier Naval (en grande partie à La Chartreuse) qui sera créé au CDN de Dijon où les deux artistes sont en résidence pour toute la saison.
En collaboration avec Juliette Bineau, Jean-Paul Quéinnec a réalisé plusieurs courts métrages, notamment Mi-Temps/vidéo en 2002, Wired Festival et Un Air de majorette en 2004 et L’entente en 2005 pour lequel il obtient l’aide du GREC. En 2006, pour Frictions, il réalise Retué en collaboration avec des acteurs québécois. Il prépare actuellement une thèse de doctorat sur les écritures autofictionnelles au cinéma ("L’autofiction symptomale au cinéma"). Depuis 2003, il est chargé de cours à l'Université d'Aix-Marseille I.
la résidence ..........
LE Marie Salope
Au-delà du titre d’un genre grammatical ambigu et distrayant, LE Marie Salope est un bateau qu’on appelle aussi dragueur. Il est destiné à draguer les fonds usés des ports (vases, sables, détritus) pour ensuite, se décharger au large. Une telle fonction, une telle mécanique me fait penser à celle qui pourrait guider une part importante de cette écriture.
Dans ma pièce précédente, Chantier Naval, on cherche une voie qui mènerait vers un paysage blanc, une voie pour se dire autrement. On ne raconte pas si on y parvient.
Avec cette nouvelle pièce, ma première intention est de prolonger cette situation en mettant en jeu le passage vers une transformation qui peut avoir lieu. En fait, j’aimerais faire entendre le devenir bouleversant que mon expérience d’immigration provoque. LE Marie-Salope poursuit le thème des nouveaux départs. L’immigration en est alors une expression, une manifestation. À travers les membres d'une famille dispersée qui va en se recomposant, la pièce racontera comment l’immigration c’est une nouvelle géographie, une autre langue ou un autre genre.
Par ailleurs, il me semble que la situation de départ représentera un espace "saturé" de blanc(s) sur lequel mes figures familières viennent se refaire autrement. Un sol blanc de neige, qui convoité en hiver, peut se révéler à la mi-saison, un lac gelé prêt à se fendre. Place vulnérable donc qui peut susciter de l'incongru jusqu’à la déchirure. Si tout était possible sur le blanc du lac gelé, l’eau boueuse du printemps menacera les attentes de chacun.
Est-ce que ce sera comme une écriture qui cherche "le" rire ? Je ne sais pas. Mais, je chercherai une écriture avec de l'énergie qui rend les corps tremblants pris dans une situation "déplacée", dans du rythme et de la légèreté.
lecture..........
Lors d'une précédente résidence (février 2005), Jean-Paul Quéinnec a enregistré un extrait de La Mi-temps.