« Après la résidence de cinq semaines de conception et d’écriture réalisée en novembre 2008, nous souhaitons expérimenter et développer le processus technologique du spectacle. Nous souhaitons examiner la légende d’Hassan Sabbah, fondateur de la secte des Assassins, au XIe siècle. Les nouvelles technologies et les marionnettes ont toujours été de pair, c’est l’utilisation de processus pour manipuler des objets, des personnes. Le jeu, comme la guerre, se base sur la stratégie. La méthodologie du "hacking" (1) permet de détourner l’objet de sa fonction principale, pour le pousser jusqu’à sa limite, la dépasser et le retourner contre lui-même. C’est une attaque pour asservir mais également une libération. Hassan Sabbah va "hacker" le jeu de la guerre et faire de la manipulation un processus créatif où l’illusion peut remplacer la vie. C’est le statut même du spectacle de marionnettes qui nous semble ici en jeu, la confrontation des réels, des formes du vrai, de l’illusion, du possible et de l’impossible. Nous souhaitons confronter sur scène des marionnettes, des robots, des androïdes, des "ubermarionnettes" ainsi que des hologrammes et faire oublier qui manipule qui. » Patrick Sims
(1) Hacker désigne à l’origine en anglais un bricoleur, un bidouilleur. Le mot est utilisé pour désigner en informatique les programmeurs astucieux et débrouillards, voire les pirates du Net qui s’introduisent dans des systèmes protégés dans un but malveillant. Plus généralement il désigne le possesseur d'une connaissance technique lui permettant de modifier un objet ou un mécanisme pour lui faire faire autre chose que ce qui était initialement prévu. |