MARIE HENRY

 
  parcours

 

 

 

Née en 1976 à Nancy, j'ai suivi les cours de L'INSAS en section mise en scène. J' ai depuis fait quelques assistanats tout en restant très intéressée par la création sonore. La majorité de mes textes ont jusqu'ici été joués dans la rue.

bibliographie :

Je me suis tuée et j'ai rien senti
Jean ai rien à taire
. Création Compagnie du dehors. Juin 2001
"Lucienne Love" à coups de couteau suisse. Création Compagnie du dehors. Août 2002
Les 24 h de Tina Pools à la recherche de son bonheur. Création Les imposteurs. Juin 2003
Moi, Michèle Mercier, 52 ans, morte. Création Compagnie du dehors. Septembre 2003
Come to me, Comme tout le monde (Théâtre jeune public). Création prévue pour août 2005

 

  pourquoi la résidence ? (le projet)
 

 

À la Chartreuse, je souhaite poursuivre mon projet d'écriture, (La fontaine au sacrifice), trajectoire d'un jeune homme qui ne perçoit sa renaissance que dans la mort de celle qui l'a mis au monde. C'est une vision purement subjective que je propose, l'exacerbation d'une pensée narcissique.

 

 

lecture :

Extrait de  "Lucienne Love" à coups de couteaux, texte lu par Sylvie Landuyt, Luc Malghem, Fabienne Rouby et Marie Henry.

 

 

si rien n'apparaît ci-contre, installez le plug-in FlashPlayer 7.
Pour les modems 56 K, quelques secondes de patience...

 

 

 
  extrait de texte
 

 

La Fontaine au sacrifice (travail en cours)

 

Extrait du troisième volet

 

Aujourd’hui la musique a remplacé l’image. Mes pulsations martèlent le visage de ma mère peu à peu Il s’efface Je le dégomme Il se désagrège. Mon tempo interne explose mes fantômes Je suis touché par la grâce: la lumière divine a ébloui ma mère; elle s’est retranchée dans son terrier Son image est à jamais enfouie sous terre Il ne me reste plus qu’à expédier le corps avec.

Je m’accomplirai à coups de couteau de cuisine.
Petit aparté sur la vie quotidienne: Moi Paul Tojvack, ai toujours apprécié l’intrusion d’éléments de la vie quotidienne dans mes plus grandes réalisations. Quand je réalise j’y vais à grands ressorts de tragédie donc de littérature. Accomplir l’acte du meurtre est un geste bien trop grand pour ma personne. Je ne peux l’accomplir comme tel. Je dois l’inscrire dans ma vie réelle (bis).
Le quotidien tue-t-il l’amour ?
On n’assassine pas sa mère avec du poison. On la traverse de toutes parts avec une lame tranchante conçue pour le saucisson. Une chair reste une chair. Celle de ma mère n’est pas plus noble que celle du cochon. Tuer sa mère c’est comme faire du boudin. Un sacrifice reste un sacrifice.

JE NE SUIS PLUS TON COCHON DE LAIT. JE NE SUIS PLUS LE COCHON DE TON LAIT.

Comment vous transmettre ce qui me traverse. Des pages et des pages déjà à présent sur mes molécules-pensées qui s’entrechoquent. Puisque aujourd’hui ce sont des sons Puisque aujourd’hui c’est le jour Je vous convie tous toi mon Dieu y compris à un concert mon grand concert Que la musique commence, que les orgues se déchaînent, que les notes frappent au rythme des battements de mon cœur.

PETITE MUSIQUE DE CHAMBRE MILITAIRE

Tsoin bing badaboum suizz zen zen tiz
Tsoin bing badaboum suizz zen zen tiz roll
Tsoin bing badaboum suizz zen zen tiz roll roll

Tsoin bing bing bing badaboum badaboum suiz zen zen tiiiiz Roll Roll Roll
Rrrrrroooool

Quiz pan ding zaar hiih ven bzim
Quiz pan ding zaar hiih ven bzim
Toe var nee
Toe var nee
Toe var nee higzin raaaa
Pten

Pten Pten Pten Tzromm
Zring chroeng chroeng
SCHROOOE PFEÛÛÛÛÛ

 

Paul entre. Il porte un de ces pyjamas dont on pourrait dire qu’il est usé, délavé, râpé ; un de ces pyjamas qu’on porte depuis sa plus tendre enfance et dont on est incapable de se séparer.

J’entre.

LA PORTE :
Tin clac Cling. Whouiiiiiii. Cling. PahPlack

MES PAS :
Papleup. Papleup. Crrrr. Papleup. Papleup. Crrrr

MA MERE:
Rrr Pschi rrrrPschi rrr pff
brrzzz brrrrzzz
Arrrh rrrh humm ha pss

MES PAS :
Papleup. Papleup. Crrr. Papleup Papleup Crr

CŒUR ESSOUFFLE, EXCITE :
TaTam. TaTam. TaTam. Tatam. Fff hfff fff brr. Tatam. Tatam. Tapatap Tapatap Tatam. Fff hfff fff brrr. Tatam. Tatam . Tatatam.

MES PAS :
Papleup Papleup Crr
Papleup Papleu- Je m’arrête.

 

Ma mère dort à son habitude sur le canapé. Son corps enveloppé dans son peignoir vert pâle c’est comme une grosse algue perdue dans l’immensité crasseuse de la mer du Nord.

Strounkf hou humpf
Je reprend mon calme
uf pftt, uf pfft, uf pftt
Avant d’en venir au fait

POUR FAIRE LE VIDE AUTOUR DE SOI IL FAUT D’ABORD L’AVOIR EN SOI J’achète un ticket pour mon voyage intérieur le temps d’attente n’est pas très long je n’y croise pas grand monde mais je descends à la station d’avant ma mère est montée dans mon bus j’arrête le conducteur je ne veux pas d’un face à face comme point d’arrivée je m’extrais je me propulse et j’atterris; je suis de nouveau spectateur de moi-même
c’est alors que
les sons relaissent place aux images Hou hou hou hou hou la sirène dans ma tête ouaa-aa-ouaaa-aa-ouaaa-iiii Je vois son peignoir qui s’empourpre et La piscine de Bernard Faucon de la série Les Sacrifices cette piscine en plein air remplie d’eau rouge rouge sang cette piscine ce liquide et cette herbe autour verte délavée et ce ciel si bleu tout semble à point tout semble juste je suis en accord avec moi-même avec ce que je fais avec ce que j’aime avec ce qui me fait rêver pour la première fois je suis en concordance je suis sur ma longueur d’onde je suis entrain de ME REALISER peut-être frrou frrou chchchiiss frou chchch flish flish la mer
Je vais mêler la musique de ma mère à la mienne
On va réaliser quelque chose ensemble /enfin