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Talitha koum est née de la rencontre d’un écrivain, Olivier Apert, d’un chorégraphe-danseur, Sylvain Groud et d’un lieu initial, La Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon. Rencontre inédite qui a entretissé plusieurs désirs : d’emblée, celui d’inscrire la langue parlée, scandée, dans le corps parlant du danseur sans qu’il s’agisse d’un plaquage artificiel mais bien d’une incarnation sensible et mentale de la voix et du sens au sein d’une structure chorégraphique propre à densifier la signification des déplacements et des mouvements.
Les lieux-mêmes de La Chartreuse ont fortement contribué, par leur charge symbolique et la qualité minérale de l’architecture, à la construction « scénarique » de Talitha koum : il s’agissait au départ de proposer une résurrection du corps liée à la naissance de la parole avant que ne surgisse la présence-absence de l’Autre dans toutes ses figures : le noli me tangere, l’accueil, la crainte, l’inquiétude, l’attente, l’indifférence…
La construction « scénarique » de Talitha koum s’est d’abord conçue en déambulation dans les lieux de La Chartreuse (le grand cloître, la salle des morts, le chœur de l’église, la salle capitulaire, la chapelle des fresques, le déambulatoire du cloître), en développant à chaque station une approche spécifique du mouvement (dénouement du corps, immobilité, traduction symbolique, réflexion sur le cadre du regard, disjonction baroque des gestes et des regards…) et de la scansion vocale (murmure, profération, neutralité, chant, cri…), cependant que l’ensemble des dessins chorégraphiques a été simultanément pensé pour le plateau ou pour l’adaptation à d’autres lieux monastiques.
Par cette rencontre inédite, Talitha koum invente une qualité de présence où le corps dansant convoque l’imaginaire sensible et visuel intimement lié au questionnement mental de l’être-au-monde.
O. Apert
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