LES RESTAURATIONS
   
 

   Allée des mûriers

Les visiteurs de l'été 2008 ont pu admirer les travaux de restauration de l’Allée des mûriers, financés par la DRAC de Languedoc-Roussillon, maître d’ouvrage. Maîtrise d’œuvre : Thierry Algrin, Architecte en chef des Monuments Historiques.

Modernisée et solennisée en 1648, par l’édification du portail monumental dessiné par Royer de la Valfenière, pour servir de nouvelle grande entrée de la clôture, cette allée était depuis une dizaine d'années déjà plantée de mûriers qui furent incorporés à une composition architecturale dont les descriptions restent approximatives. Si le président de Brosses la décrit, en 1740, bordée de « quatre rangs de colonnes et de grands mûriers entremêlés ensemble », l’abbé Soumille, cinq ans plus tard, y voit « douze piliers de chaque côté, et de gros meuriers blancs d’espace en espace, qui forment deux berceaux de verdure ».
Au XIXe siècle, tout est arraché, et remplacé par une série de bâtiments témoignant des privatisations consécutives à la Révolution. La suppression des deux derniers de ces bâtiments fait l’objet de la présente campagne de travaux et permettra de restituer la configuration de l’âge classique, âge d’or de la Chartreuse.
D’intéressantes découvertes archéologiques ont été faites à l’occasion des travaux : toute la complexité de cet espace plusieurs fois remanié se lit désormais dans l’inflexion du mur nord. La destruction de ses appendices XIXe, qui occultaient une juxtaposition de murs parallèles, étroitement chemisés, a mis à jour un massif maçonné planté précisément au point d’inflexion ; ce rustique contrefort retenant les jardins du Prieur cachait un collecteur d’égout à l’étonnante qualité architecturale et dont l’usage et la datation conservent une part d’incertitude.

 
Ces travaux de restauration prennent tout leur sens dans la replantation, les 18 et 19 novembre derniers, des dix-huit mûriers manquants (morus alba, d'une taille de 2m50), s'ajoutant aux six sujets rescapés, évocation des deux fois douze pères des deux fondations de la Chartreuse. Son financement, qui a donné lieu à une souscription populaire (Parrainez un mûrier), bénéficie du mécénat de la société BSP et d'un soutien de Botanic.

 
    Travaux de la toiture de l'hôtellerie boulangerie

Au nord de la Chartreuse, l'ensemble de bâtiments qui constituent l'hôtellerie/boulangerie est en partie contemporain du palais d'Étienne Aubert, ce qui en fait un des édifices les plus anciens de la Chartreuse. La boulangerie était le lieu de stockage de la farine (greniers, salle gothique). On y faisait le pain dans deux grands fours au rez-de-chaussée et la cuisine dans l'actuelle salle « Salusse », pour le service du pape, puis des moines, mais aussi des miséreux. L'hôtellerie était le lieu où la communauté donnait chambre et couvert aux visiteurs extérieurs. Les bâtiments sont agrandis et embellis, pour prendre leur forme actuelle au XVIIe siècle. Ces bâtiments servent aujourd'hui de lieu d'accueil pour des lectures, chantiers de création de compagnies, stages, séminaires. La prochaine campagne de travaux menée par la Direction régionale des affaires culturelles du Languedoc-Roussillon a pour but la restauration de l'ensemble des couvertures et charpentes. De nombreuses dégradations ont créé des infiltrations d'eau, entraînant des dégâts sur la structure porteuse du couvert. La superficie de la toiture est telle qu'il a été nécessaire de diviser ces travaux en quatre tranches : la première, qui débutera en janvier 2009, concerne la partie sud de la boulangerie, la seconde la partie nord, la troisième la partie est de l'hôtellerie, pour finir par la quatrième tranche sur la partie ouest. L'ensemble de la restauration devrait durer trois ans. Dans cette même période devraient démarrer des travaux portant cette fois sur l'aménagement intérieur des locaux, permettant de gagner plusieurs centaines de m2 à l'étage (salles de travail et d'exposition) ainsi qu'au niveau bas (fours), en vue d'une ouverture au public.
 
Financement État. Maîtrise d'ouvrage DRAC-Languedoc-Roussillon (CRMH), maîtrise d'oeuvre Thierry Algrin (ACMH).

    De nouveaux espaces pour la Chartreuse… hors les murs par Olivier Cadart, architecte
Dans le cadre du Plan de relance (patrimoine), la Chartreuse a été retenue pour la réalisation des travaux sur la création de nouveaux espaces, d’ateliers et de résidences hors les murs (rue de l’Amelier).

© Olivier Cadart
Le programme de réhabilitation des maisons et ateliers adossés à l’angle nord-ouest du mur de clôture de la Chartreuse va permettre de rendre à cet ensemble de bâtiments une certaine unité, visible dans la plupart des iconographies anciennes et de dégager le sommet du mur d’enceinte ainsi que l’échauguette qui constitue le pendant de celles visibles sur la montée du fort Saint-André. Une première tranche de travaux de dégagement et de sondages réalisée en janvier et février 2009 a permis de mieux comprendre les accès à la cave du pape et de découvrir, dans la maison qui jouxte cette cave, une citerne mise en scène dans un bâtiment remarquable du XVIIIe siècle.
Le programme fonctionnel consistera à maintenir des ateliers dans les rez-de-chaussée, côté nord, à utiliser la maison à la citerne en accompagnement de l’accès à la cave du pape et à créer, dans les étages des actuels ateliers ainsi que dans les maisons de la rue de l’Amelier, un hébergement pour les hôtes de la Chartreuse.
L’ensemble des chambres sera relié directement à l’intérieur de l’enceinte grâce à une coursive longeant la clôture au niveau du cloître Saint-Jean. L’aménagement de ce secteur est intimement lié à l’entrée de la cave du pape, elle-même rattachée au programme de l’hôtellerie-boulangerie, en cours d’étude par ailleurs.
   
   
 
Vendredi 17 avril 2009
18h
entrée libre réservation conseillée
présentation publique et visite des travaux engagés à la Chartreuse
en présence de Jean-Marc Roubaud, député-maire, ambassadeur du Plan de relance pour le Grand Sud,
et de représentants de la DRAC, maître d’ouvrage des travaux