LE CENTRE CULTUREL DE RENCONTRE
|
| |
|
| |
Il conduit à infléchir la politique de conservation pour passer de la restauration à la réhabilitation. Il s'agit de réutiliser un lieu, de le réinvestir à des fins culturelles, et d'élargir les objectifs de la restauration (préservation du patrimoine) à ceux de la délectation et de la recherche artistique contemporaines.
1. L'adéquation : lieux/territoire/projet/personnes ressources
1.1 La résidence d'artiste
1.2 Évolution et maturation du projet
2. Permanence du lieu et immanence de son architecture
3. La bipolarité : de la concomitance à la complémentarité
4. Vers une mutualisation des rapports
4.1 Un creuset original
4.2 Un développement maîtrisé
5. Les Centres Culturels de Rencontre et le développement durable, enjeu du territoire
En conclusion |
|
|
1. L'adéquation : lieux/territoire/projet/personnes ressources
|
| |
Le lieu pose d'emblée la question de son utilisation : que faire d'une quarantaine de maisons de moines identiques ? Cette architecture fonctionnelle et répétitive interpelle le projet de restitution complète. Une fois la cellule témoin présentée au public, que faire des quelque trente-neuf restantes ? C'est, de cette interrogation concrète et persistante, qu'est née la vocation actuelle de la Chartreuse.
La construction rigoureuse autour d'espaces à ciel ouvert prévue pour des vies de solitude et de communauté permet l'introspection, la réflexion, et les rencontres dans un havre de paix hors du temps. Un contexte parfait pour la création.
De cette logique, l'idée de résidence s'est imposée. |
|
|
|
|
| |
1.1 La résidence d'artiste |
| |
|
L'idée des résidences n'est pas seulement la mise à disposition de lieux exceptionnels pour des artistes, elles correspondent aussi à une politique de conservation du patrimoine pertinente et appropriée. Dans cette optique, l'utilisation du Tinel et de l'Hôtellerie/Boulangerie découle tout naturellement de ce choix culturel.
Ces salles à capacité plus importante viennent s'adjoindre à ces petits lieux de résidences pour l'animation et les rencontres. Le projet culturel irrigue toutes les surfaces. |
|
|
|
| |
1.2 Évolution et maturation du projet |
| |
|
A sa création en 1973, le Centre Culturel de Rencontre (CCR) s'ouvre à toutes les expériences culturelles sous la forme d'un Centre International de Recherche, de Création et d'Animation (CIRCA), puis en 1991 la Chartreuse précise sa vocation : elle devient le Centre National des Écritures du Spectacle (CNES).
Les différentes étapes du CCR de la Chartreuse, (CIRCA puis CNES), sont la résultante historique des contraintes du bâtiment, des contraintes budgétaires, d'un territoire et de personnes ressources.
Si le lieu est propice à la résidence, il ne dégage en rien une spécificité théâtrale.
Le choix du théâtre est défini par le territoire : la proximité du Festival d'Avignon et les personnes ressources : l'équipe, porteuse du projet, est issue de l'action culturelle.
Dans une période de difficulté budgétaire pour la Chartreuse et de désaffection du champ de l'édition pour les auteurs dramatiques (cf le rapport Vinaver), la spécialisation dans le soutien à l'écriture, apparaît non seulement nécessaire mais plus réaliste financièrement. Ainsi donc, après une période pionnière aux activités multiples, l'entreprise Chartreuse a recentré ses missions et précisé son image.
Si le lieu s'est avéré un puissant allié pour abriter la naissance d'un projet culturel encore fragile, il comporte également des exigences fortes. |
| |
|
|
2. Permanence du lieu et immanence de son architecture
|
| |
L'observation attentive du lieu révèle des permanences incontournables :
- l'axe érémitique : (De même que l'ermite l'auteur est seul dans sa cellule),
- l'axe cénobitique : (le cénobite vit en groupe, le moine puis l'auteur partagent des instants de vie communautaire, le premier pendant les offices et au réfectoire, le second en groupe de travail et à la table des auteurs).
Le lieu est traversé par une tension permanente sur deux niveaux de contradiction :
- entre les résidences (solitaires) et les visites (groupes),
- entre les impératifs de la conservation (protéger, fermer) et de la délectation (ouvrir, partager).
Le CCR est le faisceau de multiples contraintes dont le dépassement est le produit d'une subtile alchimie. Il semble utile de réexaminer cette notion à l'épreuve des faits.
Or, l'observation de l'ensemble des Centres Culturels de Rencontre montre que s'il y a bien une bipolarité culturelle et touristique, un équilibre harmonieux est encore à trouver. Chacun des pôles ayant une propension naturelle à vouloir prendre le pas sur l'autre, le paysage des CCR est aujourd'hui marqué par ces deux tendances très nettes. |
|
|
|
3. La bipolarité: de la concomitance à la complémentarité
|
| |
Depuis 1991, le développement du CNES a mobilisé toutes les énergies et les ressources budgétaires allouées par l'État. Aujourd'hui, le Centre Culturel de Rencontre fête ses trente ans et le CNES quinze années de résidences d’auteurs et son bilan d’activité atteste le volume considérable de son activité.
Les rencontres professionnelles d'hiver (Les Contemporaines), et les rencontres « itinéraires d’auteurs » nous encouragent à développer notre réseau d'action et notre banque de données (le répertoire des auteurs dramatiques français contemporains). Rappelons enfin, que l'activité du CNES (lectures, stages, laboratoires, conférences, rencontres et chantiers, résidences et spectacles) draine un public important, il y a donc un retour effectif de l'argent public au public.
D’autre part la politique de partenariat touristique que nous avons mené avec le Gard et grand Avignon a porté ses fruits avec une augmentation du public de 50%en cinq ans .
Ainsi la Chartreuse accueille-t-elle chaque année toutes activités confondues (visiteurs, spectateurs, résidents, stagiaires) quelque 72 000 personnes. |
|
|
|
4. Vers une mutualisation des rapports
|
| |
Le lieu donne une légitimité, un enracinement historique, une continuité séculaire à la fonction de réflexion et d'écriture.
|
| |
4.1 Un creuset original : |
| |
|
Chaque fois qu'il est possible, nous proposons donc au public l'ensemble de nos activités :
- les entreprises, lors de leurs séminaires, bénéficient d'une lecture de textes contemporains,
- les visites CNES (visite du lieu, des cellules d'auteurs, repas au restaurant des auteurs, lectures du lundi et samedi, rencontres avec les auteurs) sont organisées pour un public spécialisé ou élargi,
- un travail de partenariat est engagé avec EDF, les CEMEA (Centres d'Entraînement aux Méthodes d'Education Active), l'éducation nationale, les bibliothèques départementales,
- notre site Internet est un outil de promotion internationale pour un public professionnel francophone attentif au texte contemporain et un public individuel sensible au patrimoine,
- chaque année les lectures « itinéraires d’auteurs » attirent hors les murs un large public qui découvre la Chartreuse à l’issue de la manifestation .
Ces actions parmi d'autres, sont autant de ponts jetés entre l'activité culturelle et l'activité patrimoniale qui se nourrissent l'une l'autre. |
| |
|
|
| |
4.2 Un développement maîtrisé : |
| |
|
C'est dans cette optique que, nous engageons aujourd'hui une politique de tourisme culturel volontariste autour d'un pôle Villeneuve (monuments/jardins).
Notre objectif est de doubler le nombre de visiteurs du monument, en travaillant sur un public ciblé :
- en individuels par le site web,
- en groupes par les associations culturelles.
Nous visons également un meilleur étalement de la fréquentation du monument en allongeant la saison automne/hiver par une offre spécifique (visites chocolat, expositions etc).
Nous voulons préserver la qualité d'un monument qui inspire la sérénité, la paix et la réflexion.
Il ne s'agit en aucun cas d'une promotion sauvage, mais de la volonté persistante de faire preuve d'autant d'innovation dans ce secteur que dans les activités culturelles. |
| |
|
|
5. Les Centres Culturels de Rencontre et le développement durable, enjeu du territoire
|
| |
La Chartreuse entend ne rien céder à l'exigence de son projet artistique, le Centre National des Ecritures du Spectacle, tout en développant une fréquentation touristique importante qui ne dénature pas les lieux.
Elle doit produire un impact économique tangible sur le territoire dont la consolidation des emplois directement liés à l'accueil d'un nouveau public, sont un des enjeux majeurs .
L’ objectif du développement est de tendre vers un rééquilibrage financier afin de délester la structure d'une partie de ses charges fixes. Le développement devenant ainsi un objectif en soi.
Dans cette optique, il apparaît pertinent d'envisager cet avenir dans un double mouvement en interne :
1) Inscrire la Chartreuse dans une dynamique de site .
L’abside effondrée de la chartreuse illustre magistralement le site médiéval exceptionnel que constitue la Chartreuse, le fort st André et l’abbaye. La constitution d’un site majeur d’interprétation du Moyen Âge, avec une composante constitue aujourd’hui l’enjeu de développement touristique de Villeneuve et du grand Avignon regroupant l’ensemble. C’est la poursuite de la dynamique locale et régionale engagée par une mise en réseau sur le Grand Avignon et le bassin de vie Nîmes / Pont du Gard.
2) Penser en priorité à l'évolution du monument et sa restauration en m2 supplémentaires, dégageant un autofinancement, (lieux séminaires, restaurant, librairie, etc). - La création d'un lieu de convivialité permanent (salon de thé) étant un atout supplémentaire. |
|
|
|
|
| |
Structure complexe, le Centre Culturel de Rencontre trouve son originalité dans une fonction sociale, artistique, patrimoniale, historique qu'il restitue à un bâtiment.
Pour ce faire, il ne s'agit pas de juxtaposer des activités concomitantes dans un lieu d'histoire, mais de produire un effet symbiotique et un enrichissement mutuel du projet culturel et du patrimoine.
Plus généralement, il assure la pérennité d'un lieu par une fonction pleine et entière. Il lui garantit un sens. |
 |
 |
|
|