Nous annonçions récemment le retour des arts visuels à la Chartreuse, dans ses cloîtres, ses cellules et ses déambulatoires et exposions les prémices d’un projet interrégional de réflexion sur l’inscription des arts visuels dans un monument historique, sur la rencontre des arts de la scène et des arts visuels, sur les corrélations et parallèles qui peuvent être tracés entre
les interrogations de l’écrivain face à sa page blanche et celle de l’artiste face aux murs silencieux de la Chartreuse. Écrire une pièce, écrire une exposition…
Le principe de ce tout premier laboratoire est de faire travailler ensemble des structures régionales. La thématique retenue était « méditation/réflexion ». La première résidence de travail en janvier a réuni des directeurs des frac (Languedoc-Roussillon/Septimanie, Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur), neuf étudiants et trois enseignants de six écoles des trois régions, les responsables arts plastiques des conseils régionaux et des directions régionales des affaires culturelles. Après cette rencontre, l’idée initiale s’est affinée. Dans une optique de truchements mutuels, la thématique « méditation/ réflexion » s’adjoint à celles portées par les œuvres d’Absalon : la construction, le nomadisme, le rapport à la lumière et bien d’autres encore.
Le principe de cette présentation sera la cohabitation. Cohabitation d’artistes en formation et de leur recherche sur les questionnements de l’art contemporain et du propos d’un artiste aussi célèbre et important qu’Absalon. Mais ce projet est également la cohabitation dans un même périmètre géographique. La Chartreuse – le Fort Saint-André. L’un évoque la paix, l’autre la guerre, une dualité comprise dans la notion de cohabitation. Nous avons proposé à la direction du Fort Saint-André de participer à ce projet et de permettre aux frac et aux écoles d’art d’investir les espaces de cette architecture militaire remarquable.
« Nous sommes à l’époque de la juxtaposition, à l’époque du proche et du lointain, du côte à côte, du dispersé » (1) : Michel Foucault introduisait ainsi sa définition des espaces autres, des hétérotopies.
La résidence étudiants/frac s’est déroulée fin mars.
Le choix des œuvres et de leurs emplacements a été défini. Les pièces qui seront présentées seront sonores, lumineuses, parleront du temps et de l’espace. L’exposition Aujourd’hui ou demain tentera modestement de réconcilier et de faire cohabiter « les pieux descendants du temps et les habitants acharnés de l’espace » (2).
(1), (2) Michel Foucault, Des Espaces autres, Hétérotopies
(conférence au Cercle d’études architecturales, 14 mars 1967).
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