« Monument palimpseste »
Alain Ceccaroli
Beatrix von Conta
Bernard Plossu

 

 

 

 

 EXPOSITION ABSALON - (Les Visiteurs)
  du 4 juin au 15 octobre 2005

 

 


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Pour la Chartreuse, le choix s’est porté sur l’artiste Absalon. Entre sculpture, design, architecture et urba-nisme, les compartiments d’Absalon – uniformément recouverts d’une couche de peinture blanche – jouent sur une combinatoire d’unités modulaires pour imposer l’idée de clôture spatiale et de suspension temporelle. Leurs extension et ré-agencement transforment successivement de simples boîtes d’apparence hygiéniste en Cellules puis en Propositions d’Habitation, lieux de réclusion parfaitement fonctionnels. Les constructions ambivalentes opèrent alors comme prétextes à une exhibition d’un quotidien discipliné (dormir, se nourrir,
se laver, réfléchir…) par l’ergonomie irréprochable de ces « machines à habiter », telle qu’Absalon la démontrait dans ses films vidéo.
Esthétiquement c’est le blanc qui s’inscrit sur la rétine du spectateur. Le blanc qui évoque la neutralité, la réflexion, la méditation, or le monde d’Absalon n’est
pas blanc mais achrome, il n’est que pure lumière.
Les Propositions d’Habitation et les Cellules d’Absalon répondent à la définition par Michel Foucault de l’hétéro-topie : Ces lieux, parce qu’ils sont absolument autres que tous les emplacements qu’ils reflètent et dont ils parlent sont en opposition aux utopies.(1)


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La grande exposition monographique d’Absalon à la Chartreuse est présentée dans le cadre d’un projet national voulu par Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Culture et de la Communication et porté par le Fonds national d’art contemporain et le Centre des monuments nationaux. Une vingtaine de monuments répartis sur l’ensemble du territoire sont partenaires de cette initiative qui a pour nom de code : Les Visiteurs.
L’objectif d’une telle entreprise est double : il s’agit d’assurer une bonne visibilité des œuvres du Fnac (toutes exceptionnelles) et de permettre au patrimoine archi-tectural et aux arts visuels de notre époque d’entrer en résonance, de souligner chacun leur propre sens, de créer des jeux d’interprétation, de symboles et de susciter
de nouvelles lectures réciproques.

Le Fonds national d’art contemporain possède un ensemble significatif de cet artiste : sept vidéos, les maquettes des six Cellules réalisées plus tard à l’échelle 1:1 et une Proposition d’Habitation, œuvre en volume monumentale. Cellules. Le titre même des œuvres entre en résonance avec la Chartreuse,
son histoire, son identité. Soucieux de faire de cette exposition le symbole du retour des arts visuels dans les lieux du monument, nous avons souhaité enrichir cette première sélection par

l’emprunt de trois cellules en volumes, à l’échelle de l’homme qui les a conçues, à de grandes institutions de l’art contemporain (Fonds régional d’art contemporain Aquitaine et Capc de Bordeaux).
 


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  Eshel Meir, dit Absalon est né en 1964 à Ashdod (Israël).
Absalon arrive à Paris à vingt ans et découvre l’art contemporain à Beaubourg. Il choisit en 1988 le terme générique cellules, ces petites pièces d’habitat minimal individuel où l’on s’isole.
Peu disposé à parler de son passé, Absalon se considère très tôt comme un nomade. À partir de 1987, il participe à une quinzaine d’expositions de groupe. C’est en 1990 qu’ont lieu ses premières expositions personnelles : Propositions d’Habitation (échelle 1:1) à la galerie Aika à Jerusalem et Cellules à la galerie Crousel-Robelin/Bama à Paris. En 1991, il entre dans les collections du Capc de Bordeaux et participe à Mouvement2 à Beaubourg. Représenté par Chantal Crousel, Absalon a également été exposé par les galeries Anne de Villepoix ou Froment-Putman à Paris. Bruxelles et Glasgow ont aussi présenté ses œuvres.
Il meurt en 1993 à Paris, à vingt-neuf ans, au moment même de son explosion sur la scène artistique internationale.
 

 

© FNAC/ Cnap/ Ministère de la culture

(1) : Michel Foucault, Des Espaces autres, Hétérotopies (conférence au Cercle d’études architecturales, 14 mars 1967)

 

 


 

 

Cellules in situ, à la Chartreuse :