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MIRACLES ET CIE, DE JOAN FONTCUBERTA
une exposition documentaire
du 7 juillet au 30 septembre 2010, sacristain, salle capitulaire, passe-plats (horaires et prix d’entrée du monument)
 
Lévitation | Joan FontcubertaMiracles et Cie dévoile le canular des apprentis-messies du monastère de Valhamönde. Joan Fontcuberta a feint d’être l’élève d’un pope en mesure de payer la ruineuse inscription à Valhamönde et de suivre, aux côtés des autres novices, les cours permettant de pratiquer le cycle de miracles de terre, d’eau, d’air et de feu, tout en prenant des photographies en cachette et en recueillant d’autres preuves afin de démasquer l’imposture.
 
Le monastère de Valhamönde abrite une communauté religieuse (orthodoxe, mais pas très catholique) installée depuis près de dix siècles dans la Carélie, une région reculée de la Finlande, considérée comme le berceau du Kalevala, l’extraordinaire épopée du héros Wäinämöinen, mais également comme une terre de superstitions et de légendes et d’anciens cultes païens. Tous les plus grands manipulateurs mystiques sont passés par Valhamönde : le Comte Cagliostro, Raspoutine, Ron Hubbard (le fondateur de la dianétique et de l’Église de scientologie)… On a découvert récemment que ce centre spirituel secret est en réalité une école où l’on apprend à faire des miracles. À Valhamönde, semble-t-il, accourent des adeptes de toutes les religions et des membres des sectes les plus étranges dans l’intention naïve d’apprendre à dominer le surnaturel. C’est là, bien évidemment, une supercherie éhontée, mais dont les troubles motivations vont au-delà des seuls intérêts économiques à l’origine de toute fraude.

 
Joan FontcubertaNé en 1955 à Barcelone où il vit et travaille, Joan Fontcuberta est l’une des figures majeures de la photographie plasticienne contemporaine. Artiste, théoricien de l’histoire de la photographie, enseignant et commissaire d’expositions, il construit de gigantesques mises en scènes à travers la manipulation de l’image photographique, pour confronter le spectateur à la problématique du vrai et du faux, à la facilité de falsifier des « documents » et par là même le cours de l’histoire. Son oeuvre s’interroge sur les effets du réel et la capacité de vérité produits par l’image technologique. Dans une volonté de dénonciation de tous les systèmes organisés de l’information, il répète et démonte, à travers différentes séries, Herbarium, Fauna, Les Sirènes de Digne…, le langage propre aux disciplines de la science, de l’information et autres vecteurs de la connaissance.
Véritable « hacker » symbolique et mystificateur, il joue avec la crédulité des différents publics et des médias (il a été publicitaire au début de sa carrière), s’amuse avec l’ambiguïté et le doute qu’il instille dans notre relation à l’image.
Plusieurs fois distingué pour son oeuvre (entre autres prix Octavious Hill en Allemagne, prix national de photographie en Espagne), il s’investit dans de nombreuses aventures éditoriales et a écrit des essais dont Le Baiser de Judas. Photographie et Vérité (Éd. Actes Sud, 1996); Science et Friction, Photographie, Nature, Artifice (Mestizo, Murcia, 1998); La Camera de Pandora (G.G, Barcelone, 2010)

Joan Fontcuberta a été accueilli en résidence à la Chartreuse du 20 mai au 5 juin 2010 dans le cadre d’une bourse Odyssée.
 
http://www.fontcuberta.com
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